Sortie en 2015
Musiciens
Chantal De Villiers : Saxophone ténor
Burt De Villiers : Orgue B3 et piano (5-8)
Taurey Butler : Piano (tous sauf 5-8)
Fraser Hollins : Contrebasse (voix sur la piste 5)
Rich Irwin : Batterie (tous sauf 5-8) et percussion
Dave Laing : Batterie (5-8)
Remi Bolduc : Saxophone alto (6)
Crédits
Enregistré au Studio 451, Verdun mai 2014
Enregistré par Paul Johnston
Mixé au studio PJ
Mixé par Paul Johnston
Mastering par Guy Hébert – Studio Karisma Audio Conception
Graphisme Pascal Millette
Photos Maxime Tremblay
Produit par Rémi Bolduc et Paul Johnston
Critique
Le jazz joyeux et le jazz parfait
“Oyez, oyez, braves gens, ou encore, bonjour, lecteurs, ou bien, comment va-t-on transmettre les joies sonores de la semaine afin d’égayer toutes les chaumières de l’Amérique ? Hum… On va emprunter au puzzle ses propriétés.
Bon. Aujourd’hui, nous allons tracer la diagonale (pas celle du fou) entre Chantal De Villiers, saxophoniste de son état, Tony Mastrull, compositeur et arrangeur, le Jazz Nonet, Chicago, Oliver Nelson, Eddie Harris, Gil Evans, Thad Jones et Dexter Gordon. Bref, tout un chacun aura noté que le coefficient de difficulté auquel nous faisons face est autrement plus élevé que les agrégats financiers de la FED. Eau quai ?
À la première nanoseconde de la pièce intitulée Groovy Step, composée par Chantal De Villiers, on a eu la berlue sans avoir fumé de la moquette. Car on a eu l’impression d’être en présence de l’héritière directe de l’immense saxophoniste Eddie Harris, celui du Swiss Movement, un chef-d’oeuvre, et d’Excursions, soit l’album le plus « piraté » par les rythmiciens du disco. Bref, à la nanoseconde, on a compris que nous étions en présence d’une musicienne bourrée de talent.
Lorsqu’elle a introduit The Shadow of Your Smile, classique écrit par Johnny Mandel, avant d’exposer le thème de Panther de Dexter Gordon — yes ! —, on s’est dit la seule chose qu’il fallait dire, Madame De Villiers est une femme de goût. À preuve…
À preuve, elle s’est entourée des batteurs Rich Irwin et Dave Laing, du contrebassiste Fraser Hollins, du pianiste Taurey Butler, de Burt De Villiers, son père, à l’orgue et au piano sur certains morceaux, et de Rémi Bolduc à l’alto sur une pièce, mais surtout signataire des arrangements. Ne reste plus qu’à dire bravo en s’inclinant.
À peine les instrumentistes qui forment le Jazz Nonet avaient-ils exposé les premières qualités musicales de Tony Mastrull qu’on a eu, là encore, la berlue. Car illico, on a eu l’impression d’être en présence de musiciens ayant la maîtrise parfaite des arrangements et compositions du Gil Evans de Out of The Cool et de l’Oliver Nelson de Stolen Moments. Bref, pour être carré, on est tombé en bas de notre chaise.
Intitulé The Tony Mastrull Project, du nom d’un trompettiste et arrangeur originaire du New Jersey qui s’était installé à Montréal, ce disque est tout simplement extraordinaire. Le programme, qui comprend des originaux et des pièces d’anthologie comme All Blues ou A Child Is Born, et le jeu des musiciens amenés par le tromboniste Richard Gagnon — Roberto Murray et Al McLean aux saxos, Robert Ellis au trombone, Dominic Léveillé et David Carbonneau aux trompettes, Jonathan Cayer au piano, Frédéric Grenier à la contrebasse et Ugo Di Vito à la batterie — ont fait de The Tony Mastrull Project, une production de Louise L’Heureux, un album… parfait ! De bout en bout.” ~ Le Devoir – par Serge Truffault | February 7, 2015



